Le changement des mentalités vis-à-vis des professionnels de santé

Vous entrez dans une pharmacie avec une ordonnance. Votre médicament n’est pas disponible à cause d’une pénurie nationale. Le pharmacien vous propose un équivalent d’un autre laboratoire. Un peu contrariant, mais pourquoi ne pas tenter cette solution ?

Vous entrez dans une pharmacie avec une ordonnance. Votre médicament n’est pas disponible à cause d’une pénurie nationale. Le pharmacien vous propose un équivalent d’un autre laboratoire. Un peu contrariant, mais pourquoi ne pas tenter cette solution ?

Vous avez une mauvaise grippe. Vous vous présentez au réveil chez le médecin, sans rendez-vous. Son assistante vous dit que les consultations de la matinée sont complètes et qu’il ne pourra vous voir que l’après-midi. C’est moins pratique, mais vous pouvez comprendre, n’est-ce pas ?

Une infirmière vient s’occuper de vos parents tous les matins à 8 heures. À 8 h 15, votre père vous appelle paniqué pour vous dire qu’elle n’est pas là. Quand vous arrivez à 8 h 30, l’infirmière sort justement de sa voiture. Elle vous présente ses excuses : l’une de ses patientes est décédée, elle est un peu en retard. Dans ces circonstances, une demi-heure ce n’est pas grand-chose, nous sommes d’accord ?

Normalement, ces situations ne devraient poser de problème à personne. Or, on assiste ces dernières années à une évolution des comportements. Si la plupart des gens restent reconnaissants envers les soignants et les laissent faire leur travail, de plus en plus commencent à demander un meilleur service. Il faut que les médicaments soient disponibles sans délai, que le médecin les ausculte immédiatement, que l’infirmière soit à l’heure.

Il s’agit, semble-t-il, d’un véritable changement des mentalités. Certaines personnes ne comprennent pas que souvent, les professionnels de santé qu’elles ont en face d’elles n’ont pas le pouvoir de régler immédiatement leur « problème ». Le pharmacien ne peut rien faire en cas de pénurie nationale, l’assistante du médecin ne peut pas bouleverser son emploi du temps de la matinée et l’infirmière à domicile doit aussi gérer les urgences. Alors, pourquoi cette impatience ?

Ces attentes irréalistes génèrent de plus en plus d’agressivité envers les soignants. Et ce sont ceux dont nous avons le plus besoin qui sont en première ligne : aides-soignantes, infirmières, médecins. Les soins qu’ils assurent ne sont plus reconnus à leur juste valeur et un nombre croissant de personnes veulent être prises en charge plus rapidement, mieux et surtout, comme elles l’entendent. Résultat : de plus en plus de soignants et de prestataires de soins sont eux-mêmes en arrêt maladie suite à des incidents dans l’exercice de leur fonction. Un comble quand on pense au rôle vital qu’ils jouent.

Plusieurs acteurs, dont l’observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), diffusent des outils et des bonnes pratiques pour prévenir les actes de violence. Changer les comportements n’est jamais facile. En revanche, on peut faire en sorte que les soignants se sentent plus en sécurité au travail. Surtout s’ils passent la majeure partie de leur journée seuls, comme les prestataires de soins à domicile. Équipés d’un système d’alarme pour travailleurs isolés, ils peuvent donner discrètement l’alerte en cas de menace ou de situation dangereuse. Leur interlocuteur ne remarque pas qu’ils appuient sur un bouton, ce qui évite d’envenimer la situation. Et les secours interviennent rapidement, si nécessaire. Bien entendu, ces systèmes d’alarme ne règlent pas le problème de l’agressivité et de la violence envers les prestataires de santé. Mais ils leur donnent l’assurance d’être mieux protégés – et c’est déjà beaucoup.

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